J’ai été sidéré par la victoire de Carlos Alcaraz vendredi soir, en quart de finale des Rolex Paris Masters.
Il y a eu ce moment précis, après une première balle de match, juste avant la deuxième, où il était seul à y croire.
Seul, devant 17 500 spectateurs.
Il la sauve, et il harangue le public. En furie.
Il y croit. Il pense sincèrement qu’il va gagner ce match. C’est écrit dans sa gestuelle, dans ses cris, dans ses yeux.
J’étais sidéré.
Taylor Fritz en rigolait presque. Il trouvait sans doute son adversaire un peu fantasque. Très sympa, au fond. Mais pas crédible. Pas à 5-3 dans le deuxième set.
Et pourtant.
À ce moment-là du match, Alcaraz est acculé. Il a perdu le premier set au tie-break, il s’est fait breaker dans le deuxième. Fritz le pulvérise avec ses aces, il le matraque.
Chaque jeu de service est un supplice. Il sauve des balles de break de manière parfois hasardeuse, mais ça passe. Les jeux de Fritz sont propres, largement dominés. Ceux d’Alcaraz sont besogneux, toujours dans la douleur.
Et le mec y croit, encore, alors que c’est impossible.
Puis l’impensable se produit. Alcaraz sauve la deuxième balle de match, débreake, et remporte le deuxième set 7-5.
Le tout avec des points de folie.
The rest is history.
Quand la balle de match d’Alcaraz est arrivée, les 17 500 personnes le savaient : il n’y en aurait pas deux.
Pourquoi je vous raconte tout ça ?
Je ne vais pas me muer en commentateur de tennis, rassurez-vous.
Je veux juste vous partager ce que j’ai vu chez ce garçon de 23 ans : la foi. L’estime de soi.
Cette folie personnelle qui permet de bouger le monde, à force de le vouloir (the will).
Bien sûr, il faut s’entraîner dur, agir sans relâche, pratiquer, gagner, perdre (the way).
Mais une fois tout ça fait, qu’est-ce qui a fait la différence entre ces deux immenses professionnels du tennis ?
Cette foi inébranlable : je vais gagner.
Les sportifs ont cette chance inouïe de pouvoir nous donner des leçons d’humanité en quelques heures.
C’est pour ça que j’aime tant les regarder, les analyser.
Ils nous montrent le chemin quand nous n’y croyons plus :
mon projet ne fonctionnera jamais
ma boîte ne va pas survivre
notre pays est foutu, notre continent aussi
notre couple, notre santé, notre vie.
Tout se passe à l’intérieur. Il faut y croire, avec le sourire, avec panache, avec envie.
Et au pire ? Vous vous rétamez devant 17 500 personnes.
Lui, il a choisi de prendre le risque.
When there is a will, there is a way.
Le résumé du match en 4 minutes
> GDIY : #576 - Andy Yen — Proton — L’histoire moderne de David contre Goliath
L'épisode est disponible en version originale (anglais) et en version française, traduite avec ElevenLabs.
Selon Andy Yen, les géants de la tech détiennent probablement plus de données sur vous que certains États.
Physicien passé par le CERN, il a fondé Proton à Genève en 2014 : une alternative européenne à Google, avec les mêmes services — mails, agenda, stockage, documents — mais un modèle inverse. Google vit de vos données ; Proton vit de ses abonnements et chiffre tout, pour que personne, pas même ses équipes, ne puisse lire vos mails et vos fichiers. Plus de 100 millions d’utilisateurs, une entreprise rentable, autofinancée et contrôlée par une fondation.
Au programme : pourquoi il faut se sentir concerné même quand on « n’a rien à cacher », et pourquoi quitter Google est plus simple qu’on ne le croit. À écouter, puis à envoyer à quelqu’un qui utilise encore Gmail pour tout.
> GDIY : #577 - Eloi Spinnler — Chef, Groupe Bonaloi — Viser l’excellence sans sacrifier l’humain
À 32 ans, Eloi Spinnler dirige 3 restaurants et 140 collaborateurs. Entré à Ferrandi à 13 ans, il a reproduit en cuisine la violence qu’il avait subie, jusqu’au jour où il a réalisé qu’il était devenu le chef qu’il détestait.
Pour changer, il passe par la réserve opérationnelle de l’armée, puis par le coaching. Aujourd’hui, son groupe Bonaloi (Orgueil, Colère et Envie le Banquet, chacun inspiré d’un péché capital) affiche un ticket moyen de 60 €, achète ses cochons entiers pour ne rien gaspiller et n’a jamais connu les prud’hommes en cinq ans.
Un épisode profond, plein d’émotion, à écouter pour tous ceux qui veulent manager autrement.
> La Martingale : #342 Investir dans la défense : les drones vont-ils bouleverser le marché ?
Un drone à moins de 10 000 € peut détruire un char qui en vaut plusieurs millions. De quoi remettre en question des décennies de stratégie militaire et la façon dont on investit dans la défense.
Serge Weinberg, président de Weinberg Capital Partners, dont le fonds Irénée investit dans des PME de défense non cotées, explique pourquoi le secteur est redevenu investissable. Il passe en revue les options : valeurs cotées, private equity dès 100 000 € et un véhicule Bpifrance accessible dès 500 €, avec les risques de chacun. Rien de tout cela n’est un conseil d’investissement.
> CCG : #90 Combien ça gagne un cycliste olympique sur piste — Florian Grengbo
200 € de prize money pour une victoire en Coupe du monde. 15 000 € pour une médaille de bronze olympique. Zéro pour une 4e place.
Florian Grengbo, 26 ans, cycliste sur piste au Pôle France Olympique (sprint), médaillé de bronze à Tokyo et 4e à Paris 2024, prépare Los Angeles 2028. Il ouvre son compte de résultat 2024 (68 000 € brut) et explique comment il construit son modèle économique sur Instagram pour ne plus dépendre de ses résultats.
> Le Magma de la semaine : la préparation aux crises devient un marché
Le Pentagone veut que ses grandes bases puissent tenir 90 jours sans électricité ni approvisionnement civil. La même semaine, Londres demandait à chaque foyer de stocker 3 jours d’eau, de conserves et de liquide. Les radios à piles ont été en rupture presque aussitôt.
Se préparer au pire devient une compétence, donc un marché : les formations à la survie pèseraient 3,75 Md$ dans le monde cette année.
On y a repéré deux pistes. La première transforme des catastrophes réelles en entraînement, avec, en France, des acheteurs qu’on n’attend pas forcément. La seconde vient du Japon, où des villes paient pour organiser des compétitions de survie chronométrées. Le genre de format qui a fait passer un autre sport de 80 K à 1,4 M de participants en trois ans (indice : ça commence par H et ça rime avec « rox »).
Lire les 2 opportunités dans Magma cette semaine.
> Recos de la semaine
#RecoPodcasts : j’ai écouté Dana White sur DOAC, j’ai été agréablement surpris par le patron de l’UFC. Son ambition en face de la NFL, ses contrats hallucinants, cette bataille de l’attention. Je suis actuellement en train d’écouter Mark Cuban, pas mal non plus.
#Théâtre : on m’a recommandé d’aller voir “Le Père” au théatre Edouard 7 à Paris. 2 personnes en 2 jours, plus que hyper emballées. Je vais y aller. Et si vous n’êtes toujours pas allés voir Amadeus. Foncez.
#Application : un de nos auditeurs, Nicolas Bavencoffe, m’a partagé sa nouvelle appli “A little Good”, qui a pour but de nous faire ramasser des déchets en courant. 100% pro bono. Je trouve ça inspirant de se dire qu’avec l’IA, on peut développer des choses pour des bonnes causes, qui auraient coûté beaucoup trop cher avant.
#Voix : je suis en PLS sur ChatGPT Voice, le mode voix de chat GPT. Je l’ai connecté à Lovable et je fais des sites de malade… Sans écrire une seule lettre. Je vous en présente un la semaine prochaine, vous n’êtes pas prêts. J’avais totalement abandonné chat GPT au profit de Claude depuis février. Je suis désormais à 50/50.
#LePromptDeLaSemaine : Reliez votre messagerie à votre IA via un plugin ou connecteur. « Tu es le nettoyeur de ma messagerie. Propose-moi les X newsletters dont je dois me désabonner, archive les emails à archiver et remonte les emails prioritaires. Ensuite, propose-moi la méthode ultime d’organisation de ma messagerie pour en faire le meilleur usage avec une IA en compagnon, selon les best practices 2026 et mes habitudes personnelles. »
Bisous,
Matt/
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