L’économie de la dépendance

La rareté est une compétence

Et l’abondance est un piège.

Il y a vingt ans, on s’ennuyait. Et on trouvait ça insupportable.

Aujourd’hui, l’ennui dure rarement plus de quelques secondes : le temps de sortir son téléphone.


Mon intuition, et je la formule comme une hypothèse, c’est que nous avons supprimé un mécanisme de protection.

L’ennui était un signal : “stop”, “pause”, “change”.

On l’a remplacé par une perfusion continue de stimulation.

Au début, ça ressemblait à un progrès.
Un écran dans le salon imposait les goûts de la majorité.
Puis chacun a eu son écran. Et surtout : chacun a eu son flux, calibré, personnalisé, infini.

Sur le papier : génie.
Et je plaide coupable : j’ai adoré cette promesse.

Le problème, c’est que dès qu’une source de plaisir devient abondante, instantanée et sans friction, elle change de nature.

Elle n’est plus un plaisir. Elle devient un réflexe. Et ce mécanisme ne s’est pas arrêté aux réseaux sociaux.

On le voit dans plusieurs domaines où la logique est la même : rendre l’accès plus simple, la récompense plus rapide, la boucle plus longue.

  • La nourriture, avec la généralisation de produits conçus pour être faciles à consommer et difficiles à arrêter (en particulier le sucre).

  • Les jeux, qui ne vendent plus seulement un “jeu”, mais une progression, des récompenses, des classements, des mécaniques de gratification de plus en plus fines.

  • Le travail lui-même, devenu une machine à interruptions : emails, notifications, messageries. Même la nuit, le téléphone n’est jamais très loin.

  • Le sexe, avec un accès de plus en plus précoce et illimité à des contenus explicitement optimisés pour capter l’attention.

  • Les rencontres, au moins dans la promesse, avec les applications

Je ne décris pas un complot. Je décris un système optimisé en permanence.
On reprochait cela a Philip Morris, on commence à le reprocher à Mark Zuckerberg.

Ce qui capte l’attention gagne. Ce qui retient l’attention encaisse.
Et, progressivement, la dépendance devient un modèle économique : plus tu reviens, plus tu restes, plus tu consommes, plus la machine est récompensée.

C’est là que le sujet devient inconfortable : nous participons tous.
Pourquoi une app dirait à ses utilisateurs de passer moins de temps dessus ?
Pourquoi un producteur de contenus expliquerait qu’il faut fermer l’onglet, poser le téléphone, accepter le vide ?

La société de l’abondance a été vendue comme un eldorado : tout, tout de suite, maintenant.
Mais si nous n’apprenons pas à gérer l’abondance, alors l’abondance nous gère.

Et c’est peut-être ça, le cœur de la fatigue contemporaine : non pas un manque de solutions, mais un excès d’offres.
Trop d’entrées. Trop de sollicitations. Trop de possibilités.
Un monde où l’on peut toujours “prendre une dose” supplémentaire : un scroll, une vidéo, un message, un sucre, un épisode.

Alors on voit émerger, comme une contre-réaction, des pratiques qui se ressemblent toutes : déconnexion, méditation, sport dehors, bains froids, retraites, “no phone morning”, week-ends sans écrans.

Je ne les idéalise pas. J’y lis surtout un signal : le corps et le cerveau réclament des limites.

La liberté n’est plus dans l’accès. Elle est dans la contrainte choisie.
La compétence du siècle, ce n’est pas d’obtenir plus. C’est de refuser mieux.

Trois principes simples :

  1. Réintroduire de la friction : couper les notifications, mettre des barrières, créer des zones sans écran.

  2. Réintroduire de la rareté : choisir quelques sources de plaisir, pas cinquante.

  3. Réapprendre l’ennui : pas comme une punition, comme une récupération. L’ennui n’est pas un bug. C’est un sas.

Mon hypothèse ? Cette tendance ne fait que commencer.
Plus l’offre de stimulation devient infinie, plus la maîtrise devient une discipline.
Et tôt ou tard, la question ne sera plus : “à quoi ai-je accès ?”
Mais : “qu’est-ce qui a accès à moi ?”


> GDIY : #525 - Joseph Lasserre - Doumer - Racheter des entreprises dont personne ne veut

On est tous biberonnés aux startups, aux stock-options et aux promesses de croissance éclair.
Personne ne veut des "BOOMER BORING BUSINESSES" (les business bien relous des vieux).

Voilà des années que je vous en parle : j’ai le sentiment qu’on est tous à côté de la plaque à ce sujet. En voici un exemple très concret.

Joseph Lasserre est au cœur de ce monde parallèle. Depuis 2014, il rachète des entreprises du bâtiment pour les faire grossir les unes à côté des autres.

12 ans plus tard : le groupe Doumer a 150 salariés et fait 25 millions d'euros de chiffre d'affaires.

Couverture, métallerie, plomberie, photovoltaïque, il fait tout. Et il prouve que les BBB ont plus que de beaux jours devant eux.

Ils sont nécessaires. Et très peu impactés par l'IA.


N’écoutez surtout pas cet épisode si vous en avez marre de votre emploi actuel, vous pourriez vous retrouver avec un tournevis dans les mains dans quelques semaines.


> GDIY : #524 - Vincent Clerc - XV de France, McDonald’s - L’incroyable destin d’un Grenoblois besogneux

6 ans après la fin de sa carrière, Vincent Clerc détient toujours le record d’essais du Top 14.

101 réalisations, qui l’érigent parmi les plus grands joueurs de rugby de tous les temps.

Pourtant jusqu’à ses 18 ans, rien ne prédestine ce jeune originaire de Grenoble à une carrière de très haut niveau. Il le dit lui-même : “Je ne pensais pas du tout avoir le potentiel”.

S’ensuivent 16 ans de carrière au plus haut niveau entre Toulouse et l’équipe de France.

Vincent entame alors une reconversion inattendue et se lance dans la reprise d’un restaurant McDonald’s. Aujourd’hui il gère 2 établissements, 80 employés et ne compte absolument pas s’arrêter là.

Découvrez un homme franc, déterminé et profondément sympathique qui a laissé l’empreinte de son talent exceptionnel sur le plus prestigieux championnat de rugby du monde.


> La Martingale : Les options en Bourse : l’arme secrète des investisseurs

“Calls”, “puts”, “strikes”, “volatilité”: les options restent un mystère pour 99 % des investisseurs français alors qu’elles permettent de limiter les pertes, profiter de l’effet de levier et même performer quand le marché stagne.

Romain Daubry est le cofondateur de L’Atelier des Options. À mon micro, il démystifie l’univers des options en Bourse.


Depuis qu’on utilise ElevenLabs, avec l’équipe, on est partis dans l’espace.

Entre la traduction de voix pour nos épisodes en anglais et les usages côté business, l’outil est devenu incontournable chez nous.

Voix IA ultra naturelles, fluides, crédibles… mais surtout une vraie claque avec leur “Agents Platform.”

Le principe : créer des agents IA capables de gérer votre support client, vos prises de rendez-vous ou vos interactions clients, instantanément.

Plus d’attente. Plus de “tapez 1”.
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Si vous voulez voir à quoi ressemble un service client version 2026 : elevenlabs.io/gdiy


Le Magma de la semaine : Le “Yield Management” pour les petits commerces

Cette semaine, on décortique une startup américaine qui permet aux entreprises de services (coiffeurs, salles de sport) d'ajuster leurs prix... comme le font les compagnies aériennes.
La plupart des commerces utilisent une tarification très faiblement dynamique, alors que la demande varie énormément (le samedi matin est complet, le mardi après-midi est vide).
Leur solution : L'IA prédit les créneaux vides et applique automatiquement une réduction ou une incitation spécifique (crédits, cashback) pour les remplir.
Si vous voulez en savoir plus, voire trouver comment recréer l'idée, la suite est dans Magma : https://bit.ly/MS-lkd


> Recos de la semaine

#Fleurons : Je vous en parlais la semaine dernière et, ça y est, notre épisode pilote est en ligne. Avec David et Clem, nous sommes trop heureux de vous partager ce projet sur lequel nous travaillons depuis des mois. Foncez écouter l’histoire de Vivendi : on attend vos retours avec impatience.

#Combiençagagne : des épisodes de oufs en ce moment sur CCG. Sont passés au crible les modèles économiques d’un méga influenceur ciné (Regelegorila), d’une wedding planner (ou plutôt THE wedding planner : Elodie Villemus, la présentatrice de l’émission de TF1 ‘Quatre mariages pour une lune de miel’), et de Benjamin Ferré, navigateur du Vendée Globle.

#SXSW : nous serons à Austin dans 2 semaines pour SXSW avec We are. C’est la grande découverte. Nous sommes impatients et nous ne savons pas du tout à quoi nous attendre. Ce qui est sur c’est que nous allons filmer tout ce que nous allons voir, apprendre…

#BainsGlacés : J’en ai parlé plusieurs fois déjà parce que celle qui met tout Paris dans ses bains glacés, c’est notre copine Caroline Arditti. Elle a lancé sa formation Paris Ice Club autour de la respiration et du froid, il ne lui reste plus que 2 places pour sa prochaine session qui commence le 11 mars (jusqu’au 29 avril). Allez-y les yeux fermés, c’est vraiment une pro. On l’appelle l’Icequeen d’ailleurs.

#Bordeaux : je suis dans le train du retour de Bordeaux, ou je suis passé dans notre sublime coworking qui va bientôt fêter ses 5 ans ! On a voulu créer le plus beau bureau possible, alors on y a mis une piscine, un grand parc pour des réunions en extérieur, un boulodrome, des salles de bains… une crèche et près de 100 poste !

Et bien figurez-vous que cela fait 4 ans que cela n’était pas arrivé, mais nous avons un étage de 20 postes qui vient de se libérer, un petit bureau fermé pour 4/6 personnes et quelques postes solos dispos.

Ca va partir vite, regardez ici si ça vous intéresse. Le premier qui shoot sera le premier servi :)

Matt/

Bon week-end, je pars skier dans la neige de printemps :)

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Par Matt Stefani